En 2023, selon Billion Dollar Boy, 60 % des consommateurs préféraient le contenu de créateurs utilisant l’IA générative à celui des créateurs traditionnels. En 2025 : 26 %. Moins 34 points. Pas une érosion. Un décrochage.
Le réflexe serait d’y lire une crise de l’IA. C’est plus simple que ça : c’est une crise de l’effort.
L’IA générative a rendu la production triviale. N’importe qui peut sortir un visuel léché, un texte fluide, un carrousel « à valeur ajoutée » en 90 secondes. Le problème, c’est que tout le monde l’a fait. Le résultat a un nom : Merriam-Webster a élu slop mot de l’année 2025. Du contenu qui ressemble à du contenu. Qui coche les cases sans rien apporter. Qui remplit le feed comme le polystyrène remplit un carton.
Le public n’a pas besoin d’un cours sur les LLM pour sentir ça. Il scrolle, il reconnaît le pattern, il passe. Digiday documente le phénomène : ce qui monte, c’est la demande d’authenticité, de « messiness », de contenu qui porte la trace d’un humain qui a quelque chose à dire. Pas d’un humain qui a appuyé sur un bouton.
La leçon est brutale pour quiconque publie. L’IA n’est pas votre problème. Votre problème, c’est ce que vous en faites. Un outil qui divise par dix le coût de production ne vous donne pas un avantage. Il donne le même avantage à tout le monde. Ce qui reste rare, ce n’est pas le contenu. C’est la pensée derrière.
Publiez moins. Pensez plus. Ou regardez vos 26 % restant fondre.

